La Nuit,... et l'Aube

 

 

Le soleil à rendez-vous avec la lune...
Terasses de l'Observatoire de Meudon

La nuit et l'aube
François RABANT - Jacques ARTIGUES - Claire RABANT
Performance artistique sur 24 heures.
Du samedi 5 juin 2010 à 16 heures - au dimanche 6 juin 2010 à 16 heures

 

 

Dire l’indicible de la vie qui blesse à mort.
Dire le corps lourd où chaque avancée est un effort,
L’énergie qui s’évapore et ne se récupère pas,
Ne produit rien que des trous, formés sous mes pas,
Des vides qui pourraient être des tombes, béantes
De la succion gluante de sables mouvants.
Enveloppé de ton ombre comme d’une image persistante mais imparfaite
Qui surgit pour ensuite disparaître dans le flou d’une mise au point défaite
Ton corps plane au-dessus de moi comme prêt à fondre
Tu me suis comme mon ombre et pourtant c’est ton ombre
Et je suis l’ombre de ton ombre, comme si tu étais présente.


(Existe-t-il une ombre sans corps, corps immatériel
Pour n’être que l’ombre de soi-même, de ses rêves.
Mais où a fui la réalité qui surgit pour n’être qu’apparence trompeuse ?
Dans l’obscurité)

 

 

 


Quand la nuit sournoisement efface le jour jusqu’à l’éteindre
Quand le jour fatigué disparait et se laisse par la nuit étreindre
Ton ombre s’évanouit et, en éclairs déchirés,
S’en vient en-deçà des paupières scellées.
Elle devient un filet qui m’enveloppe, me prend, m’enserre
Et je me débats pour ne pas perdre pied.
Grand sac d’angoisses où les ombres sont ton absence infinie
Alors
Les images se transforment en voix
Des voix qui demandent et sont les murmures des âmes
Des éclats, au quatre coins du monde,
Des âmes qui s’envolent comme des voleuses de légèreté.
Les petites phrases qui volent à travers l’espace qui nous sépare,
L’espace distendu à travers le temps qui s’est rompu,
Phrases qui sont l’écho renvoyé de l’absence
L’écho du cri de détresse happé par la bouche de l’ombre
Fermée sur le plus jamais